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Matières grasses, cholestérol,
troubles cardiovasculaires et maladies dégénératives
by Maurice Legoy
Le problème le plus important que les producteurs laitiers aient
à résoudre, en matière de développement
de leurs ventes, est la perception que le corps médical a acquise
à propos de l'influence des graisses du lait sur la teneur en
cholestérol sanguin et celle des graisses animales saturées
sur la génèse des troubles cardiaques. On perçoit
mal le nombre de gens qui ont de la réticence à consommer
du beurre et des fromages, et qui choisissent de les remplacer par toutes
sortes de préparations, plus ou moins "allégées"
d'ailleurs, qui ont la plupart du temps sur leur santé une influence
plus mauvaise que celle que leur utilisation est censée corriger.
Pourtant, nombre des idées encore en vogue sur le sujet sont
fausses et il est invraisemblable que les organismes chargés
de la promotion des produits laitiers, aussi bien en France qu'en Europe
et aux Etats-Unis, n'aient pas entrepris les campagnes d'information
nécessaires auprès des consommateurs et des médecins
prescripteurs. Les éléments semblent pourtant bien établis
à présent, même si l'industrie des corps gras met
tout en oeuvre pour que de nouvelles preuves ne parviennent pas au public
: le fait est que la consommation de lait entier, de crème, de
beurre ou de fromages a peu d'influence sur le taux de cholestérol
sanguin et n'est en rien responsable des maladies cardio-vasculaires.
Cholestérol et graisses saturées
Dès que l'on propose à des personnes d'un certain âge
de consommer du beurre ou du fromage pour une raison ou une autre, un
pourcentage très important d'entre elles, comme pour s'excuser,
rétorque sans appel : "Moi, je voudrais bien, mais allez
donc en parler à mon médecin !" Comme on s'en voudrait
de paraître jouer avec la santé de son prochain et que,
de toute façon, la cause est entendue, la seule réponse
ne peut qu'être, à l'exemple de Toinette dans le Malade
Imaginaire : "Ignorant !... Ignorantus, ignoranta, ignorantum...
Ignorantissimus !" Nos médecins aujourd'hui sont acquis
pour la plupart à la théorie lipidique de la génèse
des troubles du coeur et de la circulation. En vue de leur prévention,
exit(ent) donc des assiettes des suspects, lait entier, beurre, crème
et fromages, rillettes et saucissons secs, entrecôtes bien persillées
et tranches de lard gras avec du gros sel sur pain de campagne !
Et je te mets au lait UHT semi-écrèmé, homogénéisé
bien entendu. Et je te tartine les toasts du petit déjeuner avec
une margarine végétale hydrogénée (partiellement
seulement heureusement) dans sa boite de plastique au couvercle doté
abusivement d'une pastille verte cerclant le mot nature, ou naturel
au choix. Et je te passe au camembert allégé, ou au fromage
blanc 0 %. Et pour couronner le tout, cuisine à l'huile, presque
sans sel, et café sans sucre . On se demande pourquoi, à
un tel régime dans cette vallée de larmes où nous
ne sommes que des passants, tant de nos concitoyens aspirent à
devenir des centenaires ?
Il faut y voir là le signe (un de plus) des méfaits de
la désinformation, ou plutôt de la "mésinformation",
qui caractérise notre société aujourd'hui. Nous
sommes gouvernés par les chiffres des sondages, conditionnés
par ce qui est montré à l'écran, dit aux micros,
écrit dans les journaux, saturés d'insécurité,
de grèves, de revendications, de manifestations à tout
propos, de mises en examen précipitées, de décisions
improvisées sous la pression de l'opinion, etc...
L'exemple de ce qui s'est produit aux Etats-Unis sur la génèse
et l'acceptation par la population de ce que l'on appelle la "théorie
lipidique" devrait donner à réfléchir. Mais
reconnaissons que ce qui se produit actuellement en Europe à
propos de la "vache folle" montre que les mêmes causes
produisent les mêmes résultats sur le public en matière
de perception d'un risque alimentaire.
Dans un article remarquable, au titre provocateur, Maria Enig, directrice
de l'équipe de chercheurs sur les matières grasses à
l'Université du Maryland, rapporte "Comment ils ont "huilé"
l'Amérique" : "Les régimes modernes riches en
huiles végétales hydrogénées à la
place des graisses animales traditionnelles sont la cause d'une augmentation
significative des maladies cardiovasculaires et du cancer". (1-2)
On ne m'en voudra pas de faire de larges emprunts à la communication
qu'elle a faite sur internet et dont l'intégralité est
accessible su www.nexusmagazine.com
Nexus Magazine est une publication australienne à l'arrière-goût
anarchiste.
Maria Enig attribue le développement actuel des maladies coronaires
et du cancer aux Etats-Unis au changement des habitudes alimentaires
des Américains. "Depuis le début du siècle
que le ministère de l'Agriculture des Etats-Unis tient des statistiques
sur "la disparition de nourriture" (c'est-à-dire la
quantité des divers aliments entrant dans l'alimentation), nombre
de scientifiques ont noté un changement dans la nature des graisses
que les Américains absorbaient. La consommation de beurre était
en chute libre, tandis que celles d'huiles végétales,
en particulier celles qui avaient été "durcies"
pour ressembler à du beurre par un procédé d'hydrogénation,
était en augmentation considérable. En 1950, la consommation
de beurre avait chuté de 18 à 10 livres par personne et
par an pendant que celle de la margarine était passée
de 2 livres au tournant du siècle à 8 livres. La consommation
de "shortenings", graisses alimentaires solides, utilisées
dans la fabrication des snacks et des produits cuits au four était
restée stable à 12 livres par personne durant cette période,
mais leur composition avait changé, et la consommation d'huiles
végétales en l'état avait plus que triplé,
passant d'un peu moins de 3 livres par an à plus de 10 livres."
(3)
Comment on a "passé" à l'huile l'Oncle Sam
Avant 1920, les maladies coronaires étaient une rareté
aux Etats-Unis. Si rares que, quand un jeune interne nommé Paul
Dudley White présenta l'électo-cardiographe inventé
par un allemand à ses collègues de l'Université
de Harvard, ceux-ci lui conseillèrent de s'orienter sur un autre
sujet. La nouvelle machine révélait la présence
de blockages des artères, permettant par là un diagnostic
précoce des maladies coronaires. Mais à l'époque,
l'obstruction des artères était une curiosité médicale,
et White eut toutes les peines du monde à trouver des malades
qui eussent pu bénéficier de la nouvelle technologie.
Pourtant, durant les 30 années qui suivirent, l'incidence de
la maladie coronaire augmenta de façon dramatique. (2)
Bien que les statistiques du début du siècle aux Etats-Unis
ne soient pas très fiables, elles indiquent de façon constante
que les maladies cardiovasculaires représentaient à l'époque
moins de 10% des causes de mortalité, beaucoup moins que les
maladies infectieuses comme la pneumonie et la tuberculose. Dès
1950, la maladie coronaire (CRD) est devenue la première cause
de mortalité aux Etats-Unis, provoquant 30% de tous les décès.
La plus grande augmentation provient de la rubrique infarctus du myocarde
(MI), dû à un caillot de sang important conduisant à
l'obstruction d'une artère coronaire et à la mort subséquente
du mucle cardiaque irrigué par cette artère. L'infarctus
du myocarde était pratiquement inconnu en 1910 et ne causait
pas plus de 3.000 morts par an en 1930. En 1960, on constatait au moins
500.000 morts chaque année des suites d'un infarctus. Quelles
étaient donc les modifications du style de vie qui avaient pu
provoquer cette augmentation ? (2)
En 1954, un jeune chercheur originaire de Russie, David Kritchevsky,
publia un article sur les effets de la distribution de cholestérol
à des lapins. L'addition de cholestérol cristallisé
à une ration à base de végétaux provoque
la formation d'athéromes, ces plaques qui obstruent les artères
et contribuent aux maladies cardio-vasculaires. Le cholestérol
est une substance de poids moléculaire élevé -
un alcool ou un stérol - qui se trouve seulement dans les denrées
d'origine animale telles que la viande, les fromages, le beurre et les
oeufs. (4) La même année, selon l'American Oil Chemist
Society, Kritchevsky publia un autre article décrivant les effets
bénéfiques des acides gras poly-insaturés en permettant
un abaissement de la teneur en cholestérol. (5) Les acides gras
poly-insaturés se trouvent en grande quantité dans les
huiles végétales les plus liquides extraites du maïs,
du soja, du sésame et du tournesol. Les acides gras mono-insaturés
se rencontrent dans les huiles de palme, d'olive et le saindoux. Les
acides gras saturés entrent en proportion élevée
dans la composition des huiles et des graisses solides à la température
ordinaire, c'est-à-dire le beurre, le suif et la graisse de noix
de coco.
Les essais effectués par Kritchevsky étaient en réalité
la répétition d'études entreprises quarante ans
plus tôt à Saint-Pétersbourg, dans lesquelles des
lapins nourris avec une alimentation supplémentée en graisses
saturées et en cholestérol cristallisé présentaient
des dépôts graisseux dans leur peau, certains autres tissus,
...et dans leurs artères. En fait cette histoire de cholestérol
responsable des athéromes et de leur relation avec les troubles
cardiovasculaires remonte à 1913, lorsqu'un chercheur russe,
le Docteur Nicolaï Anitshkov, entreprit de nourrir des lapins avec
des doses massives de cholestérol.
En constatant que les huiles poly-insaturées d'origine végétale
abaissaient le cholestérol sérique, au moins temporairement,
Kritchevski semblait démontrer que les essais sur animaux pouvaient
avoir une application dans l'explication des maladies coronaires, que
l'hypothèse "lipidique" était une explication
valable de la nouvelle pathologie, et que, en diminuant l'apport de
graisses animales dans leur alimentation, les Américains allaient
pouvoir se prémunir contre les accidents cardiaques.
Au cours des années qui ont suivi, un grand nombre d'études
de la population prouvèrent que le modèle animal utilisé
- en particulier celui qui faisait appel à des animaux consommateurs
de végétaux - n'était pas une approche convenable
pour les problèmes dus aux maladies cardiaques chez les humains
omnivores, mais...
Les articles de Kritchevsky attirèrent pourtant immédiatement
l'attention, car ils donnaient raison à une autre théorie,
celle qui militait contre la consommation de viande et de produits laitiers.
C'était l'hypothèse "lipidique" : à savoir
que les graisses saturées et le cholestérol d'origine
animale provoquaient une élévation de la teneur en cholestérol
du sang, et favorisaient le dépôt de cholestérol
et de composés graisseux sous forme de plaques dans les artères.
A en juger à la fois d'après les données statistiques
et les recettes des livres de cuisine du début du siècle,
le régime des Américains en 1900 était riche, avec
au moins 30 à 40 % des calories provenant des matières
grasses, surtout d'origine laitière sous la forme de beurre,
de crème, de lait entier et aussi d'oeufs. Les assaisonnements
des salades comprenaient du jaune d'oeuf et de la crème, avec
occasionnellement de l'huile d'olive. On se servait du suif et du saindoux
pour la cuisson des aliments. Des plats riches, comme le fromage de
tête et le "scrapple", amenaient des graisses supplémentaires
dans un régime déjà très riche à
une époque où on ne connaissait ni cancer, ni maladies
de coeur. Les substituts du beurre ne représentaient qu'une faible
proportion du régime des Américains et ces margarines
étaient fabriquées à base de beurre de noix de
coco, de suif et de saindoux, toutes denrées "naturelles"
riches en acides gras saturés.
La technologie permettant de "solidifier" l'huile pour en
faire de la margarine fut découverte par le chimiste français
Sabatier, Prix Nobel 1912. Il trouva qu'un catalyseur à base
de nickel permettait l'hydrogénation (addition d'hydrogène
sur une liaison non saturée pour la rendre saturée) de
l'éthylène en éthane. Par la suite, le chimiste
anglais Norman développa la première application de l'hydrogénation
des huiles alimentaires et déposa un brevet. En 1909, Procter
et Gamble achetèrent les droits pour les Etats-Unis d'un brevet
anglais transformant en corps solides les huiles liquides à la
température d'une pièce. Le procédé était
utilisé à la fois sur l'huile de coton et sur le saindoux
pour leur donner de meilleures propriétés physiques et
fabriquer les "shortenings", graisses qui ne fondaient pas
aussi facilement les jours de canicule.
Un article du Journal de l'Association des Chimistes Américains
des Huiles ( 6) montre que la consommation de graisses animales par
les Américains est passée de 104 grammes par jour en 1909
à 97 grammes par jour en 1972, pendant que celle de l'huile végétale
passait d'un petit 21 grammes à presque 60 grammes journellement..
La consommation totale per capita avait augmenté durant cette
période, mais cette augmentation était due à l'augmentation
de consommation des graisses poly-insaturées d'huiles végétales,
avec 50% de cette augmentation provenant d'huiles végétales
en l'état et 41% provenant de la margarine fabriquée à
base d'huiles végétales hydrogénées.
La modification des habitudes alimentaires des Américains faisait
le bonheur de l'industrie des oléagineux. Dans "La Vie sur
le Mississipi", Marc Twain rapporte la conversation entre un fournisseur
d'huile de coton de la Nouvelle-Orléans et un commis voyageur
de margarine de Cincinnati : "Nous transformons le tout dans notre
usine de la Nouvelle-Orléans... Nous faisons un commerce sensationnel
! " Le type de Cincinnati raconte que ses usines produisent des
milliers de tonnes d'oléo-margarine, un produit d'imitation que
"vous ne pouvez pas distinguer du beurre". Il jubile à
la pensée de dominer ce marché. " Vous allez bientôt
voir le jour, très bientôt, où vous n'allez plus
trouver un gramme de beurre pour vous en régaler dans aucun hôtel
des vallées du Mississipi et de l'Ohio, ailleurs que dans les
très grandes villes... Et il nous est possible de vendre notre
si bon marché que tout le pays va devoir l'utiliser... Le beurre,
de toutes façons, ne fait pas le poids, il n'y a aucun risque
de concurrence. Le beurre a eu son époque, et maintenant il va
dans le mur. Il y a plus d'argent à faire avec la margarine.
Vous ne pouvez pas imaginer le pognon que nous faisons".
Le début d'une sombre histoire...
Selon l'hypothèse "lipidique", les graisses saturées
et le cholestérol d'origine animale provoqueraient une élévation
de la teneur en cholestérol du sang et favoriseraient le dépot
de cholestérol et de composés graisseux sous forme de
plaques dans les artères. (7-8)
En 1956, un appel de fonds dans le public par une Association du Coeur
Américaine (AHA) fut diffusé sur les trois chaînes
les plus importantes. Le Maître de Cérémonies (le
présentateur) interviewait, entre autres, Irving Page, Jeremiah
Stamler de l'AHA et le chercheur Ancel Keys. (9) Les hommes du panel
présentèrent l'hypothèse "lipidique"
comme explication de l'épidémie de maladies cardiaques
et lancèrent le concept du "Régime de Prudence"
dans lequel huile de maïs, margarine, poulet et céréales
remplaçaient beurre, saindoux, viande de boeuf et oeufs.
La campagne télévisée n'eut pas le succès
attendu, parce que l'un des participants du panel, le Docteur Duddley
White, contesta les dires de ses collègues du AHA. Le Dr White
fit remarquer que les maladies cardiaques sous la forme d'infarctus
du myocarde n'existaient pas en 1900, au moment où la consommation
d'oeufs était le triple de ce qu'elle était devenue et
où l'huile de mais n'existait pas sur le marché. Pressé
d'apporter son soutien au Régime de Prudence, le Dr White répondit
: " Voyez-vous, j'ai commencé ma carrière comme cardiologue
en 1921 et je n'ai pas vu un seul infarctus du myocarde jusqu'en 1928.
Avant 1920, les graisses de l'alimentation étaient celles du
beurre et du saindoux, et je pense que nous tirerions profit du type
de régime que nous avions à l'époque où
personne n'avait encore pas entendu parler d'huile de mais".
Quand on sait le lobbying exercé auprès des généralistes
américains par l'Institute of Shortening and Edible Oils (ISEO)
pour les convaincre de l'idée de l'implication des graisses animales
saturées alimentaires dans la génèse des troubles
cardiovasculaires aux Etats-Unis dans les années 1980, on s'explique
pourquoi les Américains se sont mis à remplacer le beurre
par la margarine sur leur table et dans leur cuisine.
" Les études financées par le NBHLI (National Heart,
Lung and Blood Institute) ayant montré que, tandis que la population
avait généralement adopté l'hypothèse lipidique
des graisses saturées dans la génèse des troubles
cardiaques et consciencieusement s'était mise à la margarine
et aux aliments à teneur basse en cholestérol, le corps
médical restait sceptique. Préparé en partie par
l'Association des Pharmaciens Américains, dont les représentants
siégeaient au comité de coordination du National Cholesterol
Education Program (NCEP), une documentation importante fut adressée
à tous les généralistes des Etats-Unis. On enseigna
aux médecins l'importance du dosage du cholestérol, l'avantage
des médicaments abaissant le taux de cholestérol dans
le sang et l'intérêt incontestable du Régime de
Prudence (Prudent Diet) ainsi que celui des recommandations alimentaires
de l'AHA (American Heart Association). Toute la documentation du NCEP
demandait à tous les médecins américains de conseiller
l'utilisation de la margarine à la place du beurre."
De nombreux résultats contraires à la thèse lipides-cholestérol
furent soigneusement cachés au public et aux médecins.
Voir Heart Failure par Thomas Moore (10). Il a fallu attendre dix ans
pour qu'enfin fussent publiés en 1992, sans tambour ni trompettes,
les résultats réels des recherches effectuées à
Framingham (Massachussets) dans Archives of Internal Medecine, une publication
au tirage confidentiel. "A Framingham" admit le Dr William
Castelli successeur de Kanel à la tête du NHLBI , "
plus un individu mangeait de graisses saturées, plus il ingurgitait
de cholestérol, plus il avalait de calories et moins la teneur
en cholestérol de son sang était élevée....
Nous avons aussi trouvé que ces gens-là, qui absorbaient
le plus de cholestérol, de graisses saturées et de calories
pesaient moins lourd et étaient physiquement plus actifs."
(11)
Une autre étude effectuée par le NHLBI a été
de rechercher la relation entre la teneur en cholestérol du sérum
et les accidents cardiaques, chez 362.000 hommes. Elle a montré
que la mortalité annuelle dues aux accidents cardiaques variait
entre un peu moins de un pour mille chez ceux présentant des
teneurs inférieures à 100 mg/100 dL à environ deux
pour mille chez ceux dont la teneur en cholestérol était
supérieure à 300mg/dl, une différence insignifiante.
Le Dr John de la Rosa expliqua que la courbe de la mortalité
cardiaque s'infléchissait légèrement au dessus
de 200 mg/dL, alors qu'en réalité la dite courbe était
une pente très légèrement montante, qui ne pouvait
en aucun cas être utilisée pour prédire si un taux
de cholestérol supérieur à un certain niveau posait
un risque significatif plus élevé de maladie cardiaque.
L'un des résultats les plus inattendus de cette étude,
que les média ne relevèrent pas, fut que la mortalité
due à toutes les autres causes (cancer, maladies cardiaques,
maladies infectieuses, accidents, maladies des reins) fut significativement
plus élevée pour les sujets dont la teneur en cholestérol
était en dessous de 160 mg/dL.
Ce dont on aurait besoin, pour résoudre le problème
de la validité de l'hypothèse lipidique une fois pour
toutes, eût été une étude sur le long terme
des résultats d'un essai bien ficelé, comparant les troubles
cardiaques survenant chez ceux mangeant des aliments traditionnels avec
ceux dont le régime contenait des teneurs élevées
en huiles végétales. Mais l'étude proposée
avait été annulée subrepticement quelques années
plus tôt.
Les mythes du cholestérol et des graisses saturées
Savez-vous que:
- le cholestérol n'est pas un poison mortel, mais une substance
vitale pour les cellules de tous les mammifères ? Le lait maternel
est l'aliment qui contient plus de cholestérol que n'importe
quelle autre denrée. Plus de 50 % des calories qu'il contient
proviennent des graisses, dont la plus grande partie est saturée.
C'est donc que graisses saturées et cholestérol sont essentiels
à la croissance des bébés et des petits enfants,
en particulier à celle de leur cerveau. (12)
- le cholestérol est nécessaire à la fabrication
des hormones corticostéroïdes qui nous permettent de lutter
contre le stress et qui protègent notre organisme contre le cancer
et les maladies cardio-vasculaires ?
- le cholestérol est un précurseur des hormones sexuelles
(androstérone, testostérone, oestradiol et progestérone
?
- toutes les cellules de votre corps sont capables de faire la synthèse
du cholestérol et que votre organisme produit chaque jour trois
à quatre fois plus de cholestérol que vous n'êtes
susceptible d'en manger ?
- que votre production interne de cholestérol augmente quand
vous absorbez de petites quantités de cholestérol dans
votre alimentation et qu'elle diminue quand vous en avalez de grandes
quantités ? (13)
- que le régime peu riche en graisses saturées et en
cholestérol n'affecte que très peu la teneur en cholestérol
de votre sang et seulement de façon transitoire quand c'est le
cas ? Les attaques continuelles des médias sur les graisses saturées
et la teneur en cholestérol du beurre sont injustifiées
et particulièrement suspectes. Les résultats expérimentaux
ne confirment pas que la consommation de lait et de produits laitiers
soit à l'origine de l'élévation du taux de cholestérol
dans le sang.
- que la seule façon d'abaisser le taux de cholestérol
du sang est de prendre des médicaments ?
- que la majorité des drogues qui abaissent le taux de cholestérol
sont dangereuses pour votre santé et peuvent raccourcir votre
existence ?
- que les nouveaux médicaments de la famille des statines diminuent
la mortalité par accidents cardiaques, mais pour d'autres raisons
que l'abaissement du cholestérol sanguin ? Malheureusement elles
augmentent les risques de cancer, au moins chez les souris et les rats.
- que vous pouvez devenir agressif ou suicidaire si votre taux de cholestérol
baisse trop ?
- que les personnes dont le taux de cholestérol est faible font
autant de plaques athéromateuses que celles qui en ont un taux
élevé ?
- que plus de 30 enquêtes effectuées sur plus de 150.000
individus ont montré que les personnes ayant eu une crise cardiaque
n'ont pas ingéré plus de graisses saturées ni moins
d'huiles poly-insaturées que le reste de la population ?
- que les femmes présentant une teneur élevée
en cholestérol dans le sang vivent plus longtemps ?
- que tous ces arguments ont été présentés
dans la presse scientifique et dans des livres depuis des décennies,
mais que les avocats de la théorie lipidique des crises cardiaques
ne l'ont jamais laissé venir jusqu'au public ?
- que cette hypothèse et les campagnes anti-cholestérol
sont la source d'une immense prospérité pour les chercheurs,
le corps médical, les fabriquants de médicaments et l'industrie
agro-alimentaire ?
En résumé, bien qu'important, le risque cholestérol
dans la génèse des maladies cariovasculaires a été
suréstimé. (14)
Vous ne savez sans doute pas non plus :
- que l'acide stéarique constitue 50 % de la membrane des cellules
à laquelle il apporte l'intégrité structurelle
et la rigidité nécessaires à leur fonctionnement
normal.
- qu'en réalité l'acide stéarique, l'acide gras
principal constituant la graisse de boeuf, permet d'abaisser le taux
de cholestérol dans le sang. (15)
- les margarines contenant des graisses hydrogénées provoquent
une élévation chronique de la teneur en cholestérol
du sang et que cela a été relié aux maladies cardio-vasculaires
et au cancer. (16)
- que l'acide palmitique, acide gras saturé à 16 atomes
de carbone (C16:0) et l'acide stéarique, acide gras saturé
à 18 atomes de carbone (C18:0) sont les sources d'énergie
privilégiées du muscle cardiaque. (17-18) C'est ce qui
explique pourquoi la graisse qui entoure le coeur est particulièrement
riche en acides gras saturés : en cas de besoin (stress), le
coeur fait appel à ces réserves.
- que les acides gras saturés ont une influence capitale dans
la santé de notre squelette, grâce au rôle qu'ils
jouent dans l'absorption intestinale du calcium. (18 bis)
- que les acides gras poly-insaturés, supposés réduire
les risques d'accidents cardiaques, stimulent les maladies infectieuses
et le cancer chez le rat ?
- que l'absorption trop importante d'huiles poly-insaturées
accélère le vieillissement ? Vous pouvez le voir à
l'extérieur par les rides de votre peau. Vous ne pouvez pas constater
les effets du vieillissement prématuré à l'intérieur
de votre corps, mais vous les ressentirez certainement.
- que de trop grandes quantités d'acides gras poly-insaturés
ingérés provoquent l'athérosclérose ? (19)
Et les acides gras "trans" ?
Pour modifier les huiles végétales liquides à
la température ordinaire et les transformer en un produit présentant
des caractéristique analogues à celles du beurre qu'elles
étaient destinées à remplacer, on a eu recours
à l'hydrogénation catalytique des huiles végétales
non saturées. Cette hydrogénation "partielle"
aboutit à la formation de graisses trans. Les résultats
des recherches effectuées sur l'utilisation de ces graisses font
plus que justifier les craintes des premiers chercheurs sur la relation
existant entre les graisses trans et à la fois le cancer et les
maladies de coeur.
Le groupe de Recherches de l'Université du Maryland a découvert
que non seulement les acides gras trans provoquaient l'altération
des enzymes qui neutralysent les substances cancérigènes
et augmentaient la production de ceux qui potentialisent ces substances,
mais aussi qu'ils provoquaient une diminution de la production des matières
grasses du lait chez les mères qui allaitent leurs petits. Autrement
dit, les acides gras trans présents dans le régime des
mères de nouveaux-nés interfère avec leur capacité
d'allaiter convenablement et augmente leur possibilité d'être
atteintes de diabète.
Des travaux non publiés montrent que les graisses trans prédisposent
à l'ostéoporose. Hanis, un chercheur tchécoslovaque
a prouvé que la consommation de graisses trans diminuait la sécrétion
de testostérone, provoquant la production d'un sperme anormal
et des troubles de la gestation. (20) Koletzko, chercheur allemand en
psychiatrie, a trouvé que la consommation en excès des
graisses trans par les femmes enceintes prédisposait à
un faible poids du nouveau-né à la naissance. (21) La
consommation de trans interfère avec l'utilisation des acides
gras omega-3 (trouvés dans l'huile de poisson, les grains et
les légumes verts), se traduisant par une modification de la
production des prostaglandines. George Mann confirma que la consommation
de trans augmente l'incidence des maladies cardiaques. (22)
En 1995, une équipe européenne démontra une corrélation
positive entre le taux de cancers du sein et la consommation de graisses
trans. (23)
Pour le public, les réductions de la quantité de graisses
trans ingérée ont été plus que compensées
par leur utilisation dans les fast-foods. Au début des années
1980, le Centre pour la Science dans l'Intérêt Public fit
une campagne contre l'utilisation du suif pour la production des frites.
Auparavant, il avait fait campagne contre son utilisation pour frire
les poulets et le poisson. La plupart des fast-foods se mirent à
utiliser des huiles de soja partiellement hydrogénées
pour toutes leurs fritures. Quelques aliments frits se sont révélés
contenir plus de 51% de graisses trans.
"L'épidémiologiste Walter Willet a travaillé
pendant de nombreuses années à Harvard sur des données
erronnées, qui n'identifiaient pas les graisses trans en tant
que composant spécifique du régime alimentaire. (24) Il
avait découvert une relation positive entre la consommation de
graisses et à la fois le cancer et les accidents cardiaques.
Après que son équipe eût pris contact avec Enig,
en matière de graisses trans, ils établirent une nouvelle
base de données qui fut utilisée dans l'analyse d'une
enquête de masse sur les infirmières. Lorsque les chercheurs
du groupe de Willet séparèrent les acides gras trans du
reste des graisses, ils furent en mesure de confirmer des incidences
plus élevées du cancer chez celles qui consommaient de
la margarine et des shortenings, mais pas sur celles consommant beurre,
oeufs, fromages et viande. La corrélation entre la consommation
de graisses trans et le cancer ne fut pas publiée dans la grande
presse, mais elle fut rapportée lors de la Conférence
de Baltimore sur les banques de données en 1992.
En 1993, le groupe Willet trouva que les acides gras trans contribuaient
à la genèse des maladies cardiaques. (25) Cette étude
ne fut pas ignorée, mais elle reçut peu d'écho
dans la presse. La première référence de la bibliographie
de Willet faisait référence aux travaux de Enig sur le
contenu des aliments usuels en graisses trans.
L'industrie agro-alimentaire continua d'affirmer que la consommation
en graisses trans des Américains se situait dans la fourchette
de 6 à 8 grammes par personne et par jour, quantité insuffisante
pour être la cause de l'épidémie d'accidents cardiaques.
Or la consommation de margarine et de shortenings se situe aux alentours
de 40 grammes par personne et par jour, ce qui, en prenant un % moyen
de 30 %, (alors que nombre de shortenings en contiennent plus de 40%),
aboutit à la consommation journalière moyenne de douze
grammes d'acides gras trans par personne.
En réalité, cette consommation peut être dramatiquement
plus élevée chez certains individus. Un article du Washington
Post de 1989 rapportait le régime alimentaire d'une adolescente
qui avalait 12 petites brioches et 24 gros biscuits (cookies) sur une
période de trois jours. Son ingestion totale de trans se situait
à au moins 30 grammes de graisses trans par jour et probablement
beaucoup plus. Les chips que les ados consomment en abondance peuvent
contenir jusqu'à 48% de graisses trans, ce qui veut dire la présence
de 45 grammes de graisses trans dans un petit paquet de snacks de 10
onces (284 grammes) qu'un ado affamé peut avaler en quelques
minutes. Les classes d'éducation sexuelle dans les high-schools
américaines n'enseignent pas à leurs élèves
que les graisses modifiées contenues dans leurs snacks peuvent
gravement compromettre leur capacité de rapports sexuels normaux,
d'engendrer, de donner naisance à des bébés en
bonne santé et d'alimenter leur enfants avec succès."
Les aliments riches en graisses trans se vendent bien parce que le
public américain est affolé par l'autre alternative :
la consommation des graisses saturées du suif, du saindoux, du
beurre, de l'huile de coco, graisses traditionnellement utilisées
pour la friture et la cuisson au four. Pourtant la littérature
attribue un nombre de fonctions vitales aux graisses saturées
de l'alimentation : elles favorisent l'établissement de l'immunité,
sont nécessaires à la constitution d'un squelette en bonne
santé, procure de l'énergie aux cellules et assurent leur
intégrité, protègent le foie et augmentent l'absorption
des acides gras indispensables. L'acide stéarique du suif a des
propriétés hypochlestérolhémiantes et est
l'aliment préféré du coeur. Comme les graisses
saturées sont stables, elles ne rancissent pas facilement et
ne font pas appel aux réserves organiques d'anti-oxydants, elles
ne favorisent pas le cancer, et elles ne provoquent pas l'irritation
des parois vasculaires.
Le cholestérol est bon pour vous
Notre corps fabrique des graisses saturées et il synthétise
du cholestérol (environ 2 grammes par jour). En général
le cholestérol présent dans le régime alimentaire
américain est de moins de 100 milligrammes par jour. En théorie
par conséquent, même en réduisant à zéro
les aliments d'origine animale dans notre alimentation, nous ne ferons
que réduire de 5 à 10 % le cholestérol disponible
dans le sang et les tissus de l'organisme. En réalité,
un tel régime aurait un effet dépressif sur la disponibilité
d'autres éléments nécessaires au renouvellement
de la substance vitale.
Des recherches récentes montrent que le cholestérol agit
comme anti-oxydant. C'est une explication vraisemblable de l'augmentation
de sa teneur avec l'âge. En tant qu'anti-oxydant, le cholestérol
nous protège contre les dommages causés par les radicaux
libres, qui mènent au cancer et aux maladies cardiaques. Le cholestérol
est la substance réparatrice de notre corps, qui est fabriquée
en grande quantité lorsque les artères sont irritées
ou affaiblies. Mettre les maladies de coeur sur le dos des taux élevés
du cholestérol dans le sang équivaudrait à accuser
les pompiers, venus combattre un incendie, d'avoir mis le feu.
Le cholestérol est nécessaire à un fonctionnement
convenable des récepteurs de la sérotonine dans le cerveau.
La sérotonine est le produit chimique naturel du corps, qui donne
le sentiment du bien-être. C'est la raison pour laquelle des teneurs
basses en cholestérol ont été associées
à un comportement agressif et violent, à la dépression
et aux tendances au suicide. Le lait maternel est particulièrement
riche en cholestérol et il contient un enzyme spécial
qui permet au bébé de le bien utiliser. Les bébés
et les jeunes enfants ont besoin d'aliments riches en cholestérol
tout au long de leur croissance, pour assurer un développement
convenable du cerveau et du système nerveux. Le cholestérol
alimentaire joue un rôle très important dans le maintien
de l'intégrité de la barrière intestinale, ce qui
explique que le régime végétarien peut conduire
au syndrome de l'intestin qui "fuit" et à d'autres
désordres intestinaux. (26)
"Les aliments d'origine animale contenant des graisses saturées
et du cholestérol fournissent les nutriments nécessaires
à la croissance, à l'apport énergétique
et à la protection contre les maladies dégénératives.
Tout comme le sexe, elles sont nécessaires à la reproduction.
Les humains sont poussés par de puissants instincts. La disparition
de l'appétit naturel conduit à des attitudes nocturnes
bizarres, à des fantasmes, au fétichisme, à la
bringue et aux dépenses insensées. Les graisses animales
sont nutritives, rassasiantes et elles ont un bon goût."
"Quelle que soit la cause des maladies cardiaques," déclare
l'excellent chimiste Michael Gurr dans un récent papier (27),
" ce n'est pas en premier la consommation des graisses saturées".
Si, comme il a été dit, les maladies cardiaques etait
causées par la consommation de graisses saturées, on pourrait
s'attendre à constater une augmentation correspondante des graisses
saturées dans l'alimentation des Américains. Or c'est
le contraire qui s'est passé : durant les soixante années
qui se sont écoulées entre 1910 et 1970, le pourcentage
de graisses saturées du régime alimentaires des Américains
est passé de 83 % à 62 % et la consommation de beurre
s'est effondrée de 18 livres par an à 4 livres par an,
ce qu'elle est restée jusqu'à ce jour. Dans le même
laps de temps, l'ingestion de cholestérol alimentaire est restée
la même et l'augmentation de consommation d'huiles végétales,
en l'état ou sous forme de margarine et de "shortenings"
a été de 400 % ! Celle de sucre et d'aliments préparés
a été de 60 %.
Pourtant les grands prêtres de l'Hypothèse Lipidique continuent
de prêcher malédiction sur les plaisirs culinaires : le
beurre et la béarnaise, la crème fouettée et les
omelettes, les steacks juteux et les saucisses de porc.
Quant aux huiles végétales...
Jusqu'aux études de 1993, seules les révélations
troublantes de deux chercheurs hollandais, Mensik et Katan en 1990,
firent les titres de la une. (28) Ils démontrèrent que
la consommation de margarine augmentait le risque de troubles coronaires.
L'industrie agro-alimentaire - et la presse - répondirent en
faisant la promotion des pâtes à tartiner en tube qui contenaient
des pourcentages de graisses trans inférieurs à la margarine
traditionnelle à base d'huiles végétales partiellement
ou totalement hydrogénées et colorée artificiellement
pour ressembler à du beurre.
Cependant, la majorité des graisses trans dans l'alimentation
habituelle des Américains ne vient pas de la margarine, mais
des shortenings utilisés dans la friture et les aliments élaborés
par l'industrie. (29) La consommation de shortenings a été
à peu près stable jusqu'en 1960. Ils étaient surtout
composés de suif, de saindoux et de beurre de coco, toutes des
graisses naturelles. Ils furent alors élaborés à
base d'huile de soja partiellement hydrogénée. Leur consommation
explosa et tripla entre 1960 et 1993, passant de 10 grammes à
plus de 30 grammes par personne et par jour.. Mais le changement le
plus notoire dans le régime des Américains fut l'augmentation
de leur consommation en huiles végétales, de légèrement
moins de 2 grammes par jour en 1909 à plus de 30 grammes par
jour en 1993, 15 fois plus.
L'ironie de la chose est que ces tendances ont persisté en dépit
de la révélation des dangers des graisses poly-insaturées.
Parce que les graisses poly-insaturées ont tendance à
rancir, à s'oxyder, elles accroissent les besoins du corps en
vitamine E et en autres anti-oxydants. Les acides gras qui les composent
sont des acides gras à longue chaîne, mono- (olive) ou
poly-insaturés (tournesol, colza, soja), contenant essentiellement
des acides gras à 18 atomes de carbone, et il est peu vraisemblable
par conséquent qu'elles ne présentent pas des risques
analogues aux graisses animales (suif, saindoux), composées elles
aussi d'acides gras contenant 18 atomes de carbone, en dehors des graisses
du lait qui en contiennent moitié moins.
L'excès de consommation des huiles végétales est
en particulier préjudiciable aux organes de la reproduction et
aux poumons, deux organes qui sont particulièrement affectés
par l'énorme augmentation du cancer aux Etats-Unis. Chez les
animaux d'essai, les régimes forts en acides gras poly-insaturés
des huiles végétales inhibent leur capacité d'apprentissage,
spécialement en cas de stress; ils sont toxiques pour le foie;
ils nuisent à l'intégrité du système immunitaire;
ils dépriment la croissance physique et mentale des jeunes; ils
élèvent le taux sanguin d'acide urique; ils provoquent
l'apparition de profils anormaux d'acides gras dans le tissu adipeux;
ils ont été reliés à des troubles mentaux
et ils accélèrent le vieillissement.
La consommation excessive de poly-insaturés est associée
au développement du cancer, des maladies cardiaques et de l'obésité.
L'usage excessif des huiles végétales du commerce interfère
avec la production des prostaglandines, conduisant à tout un
ensemble de troubles préludant aux maladies auto-immunes et au
syndrome prémenstruel (PMS). La diminution de sécrétion
des prostaglandines augmente le risque de caillots sanguins et prédispose
donc aux infarctus du myocarde, qui ont atteint un niveau épidémique
aux Etats-Unis.
Les huiles végétales sont encore plus toxiques quand
on les chauffe. Une étude a montré que les huiles poly-insaturées
chauffées forment une sorte de vernis au niveau intestinal. Une
étude faite par un chirugien esthétique a contaté
que les femmes qui consomment beaucoup d'huiles végéales
présentaient beaucoup plus de rides que celles qui utiisaient
des graisses naturelles. Une autre étude publiée en 1994
dans le Lancet montra que les trois-quarts des graisses contenues dans
les caillots artériels n'étaient pas saturées ,
les graisses qui bloquent les artères ne sont pas des graisses
animales, mais des huiles végétales.
Ceux qui ont fait la plus active promotion en faveur de l'utilisation
des huiles végétales poly-insaturées dans le Régime
de Prudence sont bien conscients de ces dangers. En 1971, William B.
Kannel, ancien directeur de l'étude Framingham, mit en garde
contre l'inclusion de trop de poly-insaturés dans l'alimentation.
L'année précédente, le Dr William Connor de l'AHA
donna un avis semblable, et Frederick Stare commenta un article qui
rapportait que l'utilisation d'huiles poly-insaturées provoquait
une augmentation des cancers du sein. Et Kritchevski, dès 1969,
avait découvert que l'utilisation d'huile de maïs provoquait
l'athérosclérose.
"La cause des maladies cardiaques n'est ni le cholestérol,
ni les graisses d'origine animale, mais dans l'addition de certains
facteurs inhérents à l'alimentation contemporaine, y compris
dans la consommation excessive d'huiles végétales et de
graisses hydrogénées; dans la consommation excessive d'hydrates
de carbone raffinés (sucre et farines blanches de céréales
à la base de nombreuses préparations culinaires industriells
ou domestiques); dans des carences minérales, en particulier
les carences en iode et en magnésie; à des carences en
vitamines, en particulier A, C et D indispensables à l'intégrité
des parois des vaisseaux sanguins; à des carences en antioxydants
tels que la vitamine E ou le sélénium qui nous permettent
de lutter contre les radicaux libres; et aussi dans la disparition de
notre alimentation des acides gras possédant des fonctions antimicrobienne
ou antivirale aportés par l'alimentation traditionnelle, à
savoir les graisses animales et les huiles tropicales saturées"
(30)
Les acides gras saturés des graisses du lait
Comme on peut le voir en étudiant la composition en acides gras
des diverses huiles et graisses animales et végétales,
les soi-disant "graisses saturées" du beurre sont constituées
de 15% d'acides gras contenant moins de 14 atomes de carbone, de 12%
d'acide myristique (C14), de 30% d'acide palmitique (C16), seulement
10% d'acide stéarique (C18). Il contient en outre 25% d'acide
oléique (C18/1), 2 à 3% d'acide linoléique (C18/2)
et 1 à 5% d'acide linolénique (oméga3), suivant
que son alimentation est à base d'herbe päturée ou
a base d'ensilage de mais ( ou de luzerne comme en Californie par exemple)
supplémenté avec des concentrés riches en céréales
et en tourteaux (et/ou sans frines animales !). Il contient enfin 6
à 8% d'acides gras ramifiés qui sont facilement métabolisés
par l'organisme.
Mettre le beurre en parrallèle avec le suif ou le saindoux dans
la génèse des troubles cardiaques dus à une surconsommation
de graisses saturées (hypothèse très discutable
d'ailleurs) est un contresens. Les acides gras saturés du beurre
à moins de 16 atomes de carbone sont facilement catabolysés
par l'organisme grâce à la beta-oxydation, et ce sont d'extra-ordinaires
fournisseurs d'énergie facile à mettre en oeuvre (pour
lutter contre l'hypothermie par exemple). Ce qui pourrait ne pas être
le cas de l'acide stéarique, puisque plus une chaine d'acides
gras est longue et plus elle est difficile à raccourcir par beta-oxydation,
et plus elle risque de devoir être stockées par l'organisme.
Un muscle au moins pourtant semble très bien utiliser l'acide
stéarique pour son fonctionnement : le coeur !
Le régime de prudence (Prudent Diet)
Un certain nombre d'études contredisaient directement les résultats
mis en avant pour inciter les Américains à réduire
leur consommation de cholestétol et de graisses saturées.
En Grèce, par exemple, il y a moins du quart dans le taux de
cancer du sein par rapport à Israël avec la même quantité
de graisses ingérée dans les deux pays. L'Espagne n'a
que le tiers de la mortalité par cancer du sein relevée
en France et en Italie, avec une consommation journalière de
graisses un peu plus forte. Les Portoricains, consomment beaucoup de
graisses animales et présentent un taux très faible de
cancer du sein ou du colon. Les Hollandais et les Finlandais ingèrent
chacun 100 grammes de graisses par tête et par jour, mais on relève
le double de fréquence des cancers du sein et du colon aux Pays-Bas
par rapport à la Finlande. Or aux Pays-Bas, il y est consommé
53 grammes par jour de graisse d'origine végétale, alors
qu'on n'en absorbe que 13 grammes en Finlande et que les Finlandais
consomment 16,3 kg par an de graisses d'origine laitière et les
Hollandais 10,3 kg seulement.
Une étude de Cali en Colombie, découvrit un risque quadruplé
de cancer du colon dans les classes de population les plus riches, utilisant
moins de graisses animales que les classes les plus pauvres. Une autre
étude a montré que les Adventistes du Septième
Jour, qui refusent de manger de la viande (viande rouge en particulier)
avaient une incidence significativement plus élevée de
cancer du colon et que les médecins advantistes du septième
jour ne suivaient pas ce précepte.
Pourtant, l'idée de la nécessité de réduire
la consommation de graisses animales faisait son chemin. D'autant que
les graisses d'origine animale contiennent aussi du cholestérol,
présenté comme le vilain jumeau de l'alimentation des
"pays civilisés".
L'hypothèse lipdique et le "Régime de Prudence"
La théorie appelée "Hypothèse Lipidique"
fut proposée par un chercheur nommé Ancel Keys (9) durant
les dernières années de 1950. Nombre de scientifiques
soulignèrent par la suite les erreurs de cette théorie.
Il n'empêche que Keys eût beaucoup plus de publicité
pour sa théorie que les avocats des théories alternatives.
Les industriels des oléagineux et ceux de l'agroalimentaire,
qui en étaient les bénéficiaires, agirent en coulisse
pour "démoniser" les aliments traditionnels qui leur
faisaient de la concurrence et financèrent toutes les recherches
susceptibles de conforter l'hypothèse lipidique.
L'avocat le plus connu des régimes pauvres en graisses fut Nathan
Pritiquin. (31) En réalité, Pritiquin se faisait aussi
le chantre de l'élimination dans la ration du sucre, de la farine
blanche et des aliments tout préparés, recommandant la
consommation de légumes et de fruits frais, des grains dans leur
totalité et l'adoption d'un programme rigoureux d'activités
physiques. Mais c'est seulement la faible teneur en graisses du régime
qui retint surtout l'attention des médias. Ceux qui le suivirent
perdirent du poids et leur tension artérielle diminua. Le succès
du régime préconisé par Pritikin était probablement
dû à un certain nombre de causes n'ayant rien à
voir avec la diminution de l'ingestion des graisses alimentaires (la
perte de poids par exemple suffit à expliquer à elle seule
une diminution du cholestrérol sanguin, au moins au tout début),
et très vite Pritikin constata que le régime sans graisses
présentait de graves inconvénients, dont le moindre n'était
pas le fait que les gens avaient du mal à le suivre. Ceux qui
eurent la volonté de le continuer pendant un certain temps présentèrent
un certain nombre de troubles de santé, en particulier une sensation
permanente de fatigue, des difficultés d'attention, de la dépresion,
une reprise de poids et des carences en minéraux. Pritikin lui-même
peut avoir évité la crise cardiaque, mais son régime
pauvre en matières grasses ne l'aida pas à guérir
de sa leucémie. Il mourut dans la fleur de l'âge, en se
suicidant, quand il se rendit compte que son régime spartiate
ne marchait pas. Pourquoi ne pourrions-nous pas mourir d'une maladie
de coeur au lieu de suivre un régime qui nous déprime
ou nous prédispose au cancer ?
Quand il se rendit compte que son alimentation sans graisses ne marchait
pas, Pritikin y introduisit une petite quantité d'huiles végétales,
environ 10 % de l'ingestion de calories. A l'heure actuelle, les "dictocrates"
du Régime nous disent conseillent de limiter l'apport des graisses
à 25-30% de l'apport calorique, soit 5 cuilerées à
soupe d'huile pour une alimentation apportant 2.400 calories par jour.
Le calcul soigneux de l'ingestion de graisse est, disent-ils, la clé
pour jouir d'une parfaite santé.
Bien que De Bakey (32), le fameux chirurgien du coeur, ait été
le co-auteur d'une étude sur 1.700 malades, montrant "qu'il
n'y avait pas de corrélation entre la teneur en cholestérol
du sang et la nature et l'extension des maladies coronaires", autrement
dit que ceux qui présentaient un taux de cholestérol faible
avaient autant de risque de se retrouver avec des artères obstruées
que ceux qui en avaient un taux élevé, l'idée de
l'hypothèse lipidique fit son chemin.
Elle s'appuyait sur diverses études épidémiologiques
mises en place sur des nombres importants de personnes durant plusieurs
années, dont celle faite sur l'ensemble de la population de toute
une ville, celle de Framingham, près de Boston, et à laquelle
il est généralement fait référence par ceux
qui en tiennent pour l'hypothèse graisses saturées + cholestérol.
(33) Cette étude dura 25 ans. Commencée en 1948 et concernant
un échantillon de 5.127 habitants de cette petite ville du Massachussets,
elle compare deux groupes à 5 ans d'intervalle : l'un composé
de ceux qui consomment peu de cholestérol et de graisses saturées,
l'autre de ceux qui en consomment beaucoup. Ces personnes ont été
soumises à toutes sortes d'anlyses de sang, en particulier celles
relatives à leur cholestérol. Elles ont été
contrôlées sur le fonctionnement de leur coeur, en particulier
par électrocardiographie. Elles ont été interrogées
en détail sur leur façon de vivre, les aliments qu'ils
consommaient, leur comportement vis à vis du tabac et des boissons
alcoolisées. 404 des personnes sous cotrôle moururent pendant
l'expérience.
Après 40 ans de recherches, le directeur de l'étude a
été obligé d'admettre la réalité
: "A Framingham, plus un individu mange de graisses saturées
et plus de calories il ingère, moins son taux de cholestérol
sérique est élevé... Nous avons découvert
que les personnes qui absorbaient le plus de cholestérol, le
plus de graisses saturées pesaient moins lourd et étaient
le plus actives physiquement parlant." (34) Cette étude
montra en fait que ceux qui pesaient le plus lourd et présentaient
la teneur en cholestérol la plus élevée étaient
légérement plus à risques de maladie cardiaque,
mais qu'il y avait corrélation négative entre ce risque
et l'ingestion alimentaire de cholestérol.
Mais une autre surprise de taille est rapportée dans le livre
de Thomas Moore, Heart Failure, (10) lorsqu'il s'avisa d'aller fouiller
dans les documents non publiés de l'enquête de Framingham
:
" Une autre surprise à propos du cholestérol émergea
de Framingham, qui n'a jamais été publiée dans
aucun journal scientifique. Profondément enfoui dans un dossier
épais de 2 pieds, il y a un rapport intitulé Régime
alimentaire et cholestérol sérique. Les scientifiques
de l'étude de Framingham ont prétendu qu'ils savaient
pourquoi certaines prersonnes avaient une teneur en cholestérol
de leur sang plus élevée que d'autres : c'était
leur régime alimentaire qui était en cause.
" Pour prouver ce lien, ils sélectionnèrent 912
personnes, hommes et femmes, et comparèrent le cholestérol
des aliments qu'ils absorbaient avec la teneur en cholestérol
de leur sang. A leur grande surprise , il n'y avait pas de corrélation.
Ils étudièrent alors, en plus du cholestérol, leur
ingestion de graisses saturées : pas de relation non plus. Leur
ingestion de calories : rien encore. Ils pensèrent que d'autre
facteurs, comme l'activité physique par exemple, camouflaient
les effets du régime alimentaire : rien de tel. La conclusion
du rapport était sans ambiguité : "En résumé,
il n'y a aucun indice qui donne à penser qu'il puisse y avoir
une quelconque relation entre le régime alimentaire et la maladie
des artères coronaires (Corony Heart Disease = CHD dans le groupe
étudié..."
" Il y a une grande variation de la teneur en chlestérol
sanguin dans le groupe étudié à Framingham. Il
doit y avoir une explication rendant compte de ces variations individuelles,
mais ce n'est pas le régime alimentaire tel que nous l'avons
étudié. Il est clair que, s'il doi y avoir un autre essai
de modifier le taux de cholestérol sérique de toute une
population, il serait souhaitable de connaître quelles sont les
forces pissantes, mais indéterminées, qui sont à
l'oeuvre."
L'étude de Framingham montra qu'il n'y avait pas pratiquement
de différence dans les accidents cardiaques (CHD) pour les personnes
dont la teneur en cholestérol se situait entre 205 mg/dl et 294
mg/dl, ce qui est le cas de la majorité des Américains..
Même chez celles présentant des taux les plus élevés,
la différence dans les accidents cardiaques avec la moyenne était
minime. Cela n'empêcha pas le Dr William Kannel, alors Directeur
de l'Etude Framingham, de proclamer les résultats de l'étude
: "La teneur en cholestérol plasmatique total", affirma-t-il,
"est un puissant indicateur de la mortalité liée
aux accidents cardiaques." Et c'est cette affirmation fausse qui
est encore à la base de la conduite de nos médecins.
Dans autre étude réalisée en Grande-Bretagne sur
plusieurs milliers d'hommes, on demanda à la moitié d'entre
eux de réduire leur consommation de graisses saturées
et de cholestérol, d'arrêter de fumer et d'augmenter leur
consommation d'huiles poly-insaturées par l'intermédiaire
de la margarine et d'huiles végétales. Un an après
le début de l'étude, ceux sensés être sur
le "bon" régime présentaient un taux de mortalité
double de ceux sensés être sur le "mauvais" régime,
en dépit du fait que ceux du "mauvais régime"
aient continué de fumer ! Mais dans la description de cette étude,
l'auteur ignora ces résultats pour conclure de façon politiquement
correcte : "L'implication pour une politique de prévention
des accidents cardiaques au Royaume-Uni est qu'un programme préventif
de santé publique, tel que celui testé dans cet essai,
serait effectivement positif..."
L'Enquête du NHLBI sur l'Intervention des Multiples Facteurs
de Risque (MRFIT) (35) étudia la rapport entre les maladies de
coeur et les taux de cholestérol de 362.000 hommes et constata
que la mortalité par an due aux accidents cardiaques variait
de légèrement moins de 1% pour moins de 140 mg/dl à
un peu plus de 2% pour des teneurs supérieures à 300 mg/dl,
une différence insignifiante. Le Dr John de la Rosa, de l'AHA,
déclara que la courbe de mortalité par accident cardiaque
commençait à s'infléchir au dessus de 200 mg/dl,
alors qu'en fait cette courbe était une droite de pente très
faible qui ne pouvait être utilisée pour prévoir
si le cholestérol au dessus de certains niveaux présentait
un risque significativement plus élevé de maladies cardiaques.
Un résultat inattendu des trouvailles du MRFIT, dont les médias
oublièrent de parler bien entendu, était que la mortalité
due aux autres causes -cancer, accidents, maladies infectieuses, troubles
rénaux - était significativement plus élevée
chez les hommes dont la teneur en cholestérol était en
dessous de 160 mg/dl.
En 1957, le Dr Norman Jolliffe, Directeur du Bureau de la Nutrition
du Ministère de la Santé de l'Etat de New-York fonda le
Club Anti-Coronarien, dans lequel des "buisenessmen" choisis,
entre 40 et 59 ans, furent mis au Régime de Prudence. (36) Les
membres du club consommaient de l'huile de maïs en remplacement
du beurre, des céréales au petit-déjeuner à
la place des oeufs et du poulet à la place de la viande de boeuf.
Les membres du Club devaient être mis en parallèle avec
un groupe "témoin" du même âge, qui prenait
des oeufs au petit-déjeuner et mangeait de la viande trois fois
par jour. Les membres du Club devaient être mis en parallèle
avec un groupe "témoin" du même âge, qui
prenait des oeufs au petit-déjeuner et mangeait de la viande
trois fois par jour. Jolliffe, un diabétique en surcharge de
poids, confiné à un fauteuil roulant, était convaincu
que le Régime de Prudence épargnerait de nombreuses vies,
la sienne y compris.
La même année, l'industrie agro-alimentaire mit en route
des campagnes de publicité pour vanter les avantages de ses produits
: faible teneur en matières grasses, ou fabriqués à
base d'huiles végétales. Une annonce publicitaire typique
à l'époque disait : "Les produits à base de
blé peuvent vous permettre de vivre plus longtemps". Wesson
recommendait son huile à frire "pour l'amour de votre coeur".
Une annonce dans le Journal de l'Association Médicale Américaine
(JAMA) décrivait l'huile Wesson come un "dépresseur
de cholestérol". Les publicités de Mazola donnaient
l'assurance au public que " la science prouve que l'huile de maïs
est un facteur important de votre santé". Les annonces des
journaux médicaux recommendaient la margarine sans sel de Fleishmann
pour les malades atteints d'hypertension. Dans le journal médical
de son syndicat, le Dr Frédérick Stare, chef de l'Unité
de Nutrition de l'Université de Harvard, préconisait la
consommation d'huile de maïs, jusqu'à une tasse par jour.
Dans une brochure promotionnelle spécialement éditée
pour Puritan Oil de Procter et Gamble, il fit mention de deux expériences
et d'un essai clinique qui montraient qu'une teneur élevée
en cholestérol dans le sang était en rapport avec les
maladies cardiaques. Or, les essais n'avaient aucun rapport avec les
maladies de coeur et l'étude clinique ne put pas démontrer
que la diminution de la teneur en cholestérol du sang avait quelqu'effet
sur l'évolution des maladies du coeur. Quelque temps après,
le Dr William Castelli, directeur de l'étude de Framingham, fut
l'un des spécialistes à soutenir Puritan Oil. Le Dr Antonio
Gotto Jr, ancien président de l'AHA, fit envoyer aux généralistes
une lettre faisant la promotion de Puritan Oil, dont l'impression fut
réalisée au Baylor College of Medecine, dans la revue
du Centre De Bakey pour le Coeur.
Quarante ans après...
Un telex de l'Agence Reuters daté du 1er janvier 2002 a pour
titre : "Les statistiques indiquent que les maladies de coeur restent
la première cause de mortalité." (37)
Près de 62 millions d'Américains ont une forme ou une
autre de maladie cardio-vasculaire, et près d'un million en meurent
chaque année.
Ces maladies sont de loin la première cause de la mort des Américains
(958.755 décès en 1999), loin devant le cancer (549.838),
les morts accidentelles (97.860), la maladie d'Alzeimer (44.536) et
le SIDA (14.802). Elles représentent plus de 40 % de la mortalité
totale, dont 167.366 décès dus à une attaque cérébrale.
Prises à part des autres affections cardiaques, les attaques
cérébrales représentent la troisième cause
de tous les décès.
Pourtant, ce n'est pas faute d'avoir averti le public. Ce n'est pas
parce que les personnes à risques sont mal suivies médicalement
: en 1999, 85 % des victimes d'un infarctus étaient traités
aux bêta-bloquants après leur sortie de l'hôpital.
En 2001, le coût total du traitement et de la prévention
des maladies cardiovasculaires aux Etats-Unis a été de
292,8 milliards de dollars, soit 2.100 milliards de francs, quelque
chose comme le double des dépenses de santé payées
par la Sécurité Sociale.
Aujourd'hui encore, les accidents cardiaques sont la première
cause de mortalité dans les pays développés. Si
la mort par infarctus semble avoir diminué, c'est que le risque
a pu être mieux évalué depuis une dizaine d'années
et que la chirurgie des pontages a permis une réduction des accidents
les plus dramatiques. Mais la mise en régime réglé
de tout un pays n'a pas amené la réduction des médicaments
contre un taux élevé de cholestérol sanguin, ni
fondamentalement changé le tableau de l'obésité
dans ce pays.
50 ans après la mise en place des premières mesures destinées
à prévenir les maladies cardio-vasculaires aux Etats-Unis,
on peut qualifier la situation de catastrophique. Un classement récent
de l'état sanitaire dans 175 pays par l'Organisation Mondiale
de la Santé (OMS) montre que ce n'est pas l'inflation des dépenses
de santé qui permet d'atteindre les meilleurs standarts de santé.
L'enquête réalisée a placé 9 nations européennes
dans les 10 premiers de la classe, la Belgique étant n° 1,
suivie par l'Islande, les Pays-Bas, la France, l'Autriche, la Suède,
l'Italie et la Norvège. Seule l'Australie est le seul, pays non-européen
à se trouver dans les 10 premiers, ex-aequo avec l'Allemagne
et le Danemark. Les Etats-Unis se classent seulement à la 17°
place, juste derrière Israël, alors que la Grande-Bretagne
n'est que 23°, après la Grèce. Les critères
retenus comme indicateurs de bonne santé ont été
le montant des dépenses de santé par habitant, l'espérance
de vie, le taux de vaccination des enfants et la mortalité à
la naissance des enfants et de leurs mères.
Le sentiment général est que les Américains se
conduisent mal à cause du tabac, de la boisson et des actes de
violence. Pourtant les statistiques ne confirment pas cette impression
:
- le % de femmes qui fument varie de 14 % au Japon à 41 % au
Danemark, alors qu'il n'est que de 25 % aux Etats-Unis (classés
5°). Pour les hommes, cela varie de 26 % en Suède à
61 % au Japon, les Etats-Unis se classant 3° avec 28 %
- les Etats-Unis se classent 5° pour les consommations les plus
basses d'alcool
- les Etats-Unis ont une consommation relativement faible de graisses
animales : la 5° plus faible chez les hommes de 55-64 ans dans 20
pays développés et la 3° teneur sanguine la plus basse
en cholestérol pour les hommes de 50-70 ans parmi 13 pays industrialisés.
Et ce n'est pas le manque de technologie qui est la cause de ces mauvais
classements :
- sur 29 pays étudiés, les Etats-Unis se classent second
derrière le Japon par million d'habitants pour les unités
à résonance magnétique et les scanners tomographiques
- le Japon se classe dans les premiers du classement pour la santé
et les Etats-Unis dans les tout derniers
- il est possible qu'au Japon l'utilisation de la haute technologie
soit limitée au diagnostic sans intervention dans les traitements,
tandis qu'aux Etats-Unis l'utilisation d'une technique de diagnostic
soit suivie de plus de traitements
- confirmation de cette possibilité est donnée par les
chiffres du nombre d'employés par lit dans les hôpitaux
(en terme d'équivalents temps-plein) aux Etats-Unis qui se classent
parmi les premiers des pays étudiés, alors que ce nombre
est très faible au Japon, bien plus faible que celui qui pourrait
être pris en compte à cause de la pratique courante de
l'administration des soins par les membres de la famille du malade plutôt
que par du personnel hospitalier.
Ce n'est pas en consacrant une part de plus en plus importante de son
produit national but (PIB) aux dépenses de santé qu'un
pays assure la santé et le bien-être de sa population.
Les Etats-Unis consacrent à présent 13,5 % de leur PIB
à la santé, soit 4.180 US$ par habitant et par an, alors
que la Belgique n'y consacre 8,9 % de son PIB, soit l'équivalent
de 2.172 US$. Le Service National de la Santé en Grande-Bretagne
dépense 7 % du PIB, soit l'équivalent de 1.532 US$.
" La raison première de cet état de fait en est
que nous avons tendance à donner la primauté à
la thérapeutique, au lieu de nous concentrer à la prévention
des maladies. L'exemple des Etats-Unis est exemplaire à cet égard
: les sommes faramineuses investies dans le développement de
nouveaux médicaments et les technologies pharmaceutiques ne se
traduisent pas par l'amélioration de l'état général
de la santé dans ce pays." (39)
" Les Etas-Unis ont dépensé, en l'an 2001, 1.500
milliards de dollars pour se soigner et les projections pour le proche
avenir font penser que cette somme va doubler en moins de 10 ans, soit
5.000 dollars par habitant et par an. Les pharmacies ont honoré
3 milliards d'ordonnances en l'an 2000... Nous gaspillons bien trop
d'argent dans ce pays pour la santé. Il y a plus qu'assez d'argent
dépensé pour que chacun y trouve son compte à condition
qu'il n'y ait pas de gaspillage. De toute évidence, je suis convaincu
que l'argent et les médicaments ne sont pas la solution au problème
: c'est l'éducaion qu'il faut privilégier." Extrait
des commentaires du Dr Mercola sur www.mercola.com
La mise à l'huile des Américains se solde donc par un
échec complet dans le domaine de la prévention des maladies
cardiaques et des voix autorisées commencent à se faire
entendre et à être écoutées de l'autre côté
de l'Atlantique. Des résultats de recherches récentes
éffectuées sur l'intérêt de certains acides
gras essentiels et des rapports dans lesquels ils doivent se trouver
dans notre alimentation commencent à être publiés,
qui pourraient bien se traduire rapidement par un tournant dans la perception
des consommateurs sur les graisses animales.
Pour conclure, il convient de laisser la parole à Maria Enig,
la spécialiste de renommée mondiale en matière
de graisses à l'Université du Massachussets:
" Le problème avec ces 40 années de recherches sur
les lipides, le cholestérol et les maladies cardio-vasculaires
sponsorisées par le NHLBI, c'est qu'elles n'ont pas apporté
beaucoup de réponses, tout au moins de celles qui eussent pu
donner satisfaction à cet organisme... Même pour les individus
présentant des taux extrêmement élevés de
cholestérol, jusqu'à 1.200 mg/dl, la différence
dans le risque d'accidents cardiaques était infime comparée
avec ceux qui avaient un taux normal."
Le "French Paradox"
Il serait fastidieux de répertorier tous les résultats
des recherches qui ont donné lieu à une interprétation
tendancieuse ou erronnée par les tenants de l'hypothèse
lipidique, ainsi que ceux des enquêtes effectuées sur les
populations ayant gardé leur alimentation traditionnelle, et
dont les résultats embarassent fortement les "dictocrates
du régime".
Bornons nous à considérer ce qui se passe en France et
à expliquer ce qu'on baptise le "French Paradox". Malgré
une consommation de graisses saturées considérable sous
la forme de beurre, de crème, de fromages, d'oeufs, de foie,
de viande grasse et de charcuteries riches (pâtés, saucisses),
les Français ont un pourcentage de maladies cardio-vasculaires
bien plus faible que les Américains : 145 infarctus par pour
100.000 habitant d'âge moyen contre 315 en Amérique. Dans
le Sud-Ouest de la France, où le foie gras, les confits et la
cuisine à la graisse d'oie sont des éléments incontournables
du régime alimentaire, il est seulement de 80 pour 100.000 par
an, 4 fois moins qu'aux Etats-Unis. Il est vrai que les Crétois
font encore mieux avec seulement 38 cas pour 100.000 habitants.
En matière de produits laitiers, le Français a consommé,
en l'an 2000, 8,3 kg de beurre, 23,6 kilos de fromages, 3,9 kilos de
crème et 75,5 litres de lait, soit l'équivalent de 14,8
kilos de graisses butyriques. Près de 2 fois plus que les 8,3
kg de l'Américain (1,9 kg de beurre, 13,1 kg de fromages, 3,7
kg de crème et 98,9 litres de lait). ( CNIEL) (40)
Naturellement, les produits laitiers ne sont pas responsables à
eux seuls de cette heureuse situation. En fait, la France n'est qu'un
des élèves les plus doués du "paradoxe méditerranéen",
dont le paradygme reconnu est le régime crétois. (45 bis)
"Un manichéisme simplificateur en attribue le bénéfice
exclusivement à l'huile d'olive." écrit Jean-Marie
Bourre de l'Inserm, dans une brochure du CERIN. "Or, celle-ci ne
saurait expliquer la totalité du " Paradoxe Français
". Ne serait-ce que parce que cette huile ne fournit que 2 % environ
des calories dans la ration alimentaire des Français (5)! Cette
quantité est trop faible pour tout expliquer; pour agir en quantité
si restreinte. Il faudrait qu'elle " recèlât un médicament
" (comme l'huile de poisson qui est riche en oméga-3), mais
il y a sans doute longtemps qu'il aurait du être découvert.
L'acide oléique qu'elle contient (comme de multiples autres aliments)
est certainement intéressant, sinon obligatoire (1); sa présence
éviterait la consommation d'autres graisses, pensent certains."
Il reste qu'en Crête pousse encore plus que dans les autres pays
du pourtour méditerranéen une plante sauvage particulièrement
riche en omega-3. Les poules s'en régalent, comme s'en régalent
aussi limaces et autres animalcules, dont les poules en liberté
se régalent aussi... On verra plus loin ce qu'il en résulte
pour la composition de leurs oeufs. (49)
Il est nécessaire d'équilibrer les apports de notre alimentation
entre tous les acides gras
Les graisses (ou lipides) de notre alimentation sont des composés
organiques insolubles dans l'eau et sont constitués essentiellement
par des triglycérides, c'est-à-dire trois chaines d'acides
gras fixés sur une molécule de glycérol. Les triglycérides
du sang ne proviennent pas obligatoirement des lipides de notre alimentation.
Certains ont bien pour origine les produits issus de la digestion intestinale
des lipides (glycérol, micelles d'acides gras, monoglycérides)
que l'on retrouve sous forme de nouvelles gouttelettes de triglycérides
recombinés de l'autre côté de la cellule intestinale
et qui circulent dans la lymphe (capillaires lymphatiques de l'intestin,
vaisseaux lymphatiques, ganglions abdominaux, citerne de Pecquet et
canal thoracique , d'où la lymphe se déverse dans le sang
au niveau de l'artère sous-clavière gauche).
Mais beaucoup d'autres sont le résultat d'une synthèse
dans le foie à partir des glucides en excès, qui n'ont
pas été utilisés à des fins énergétiques,
en particulier ceux des aliments riches en hydrates de carbone, comme
les sucres et les farines blanches de céréales. Cette
synthèse est à l'origine des acides gras saturés
palmitique et stéarique.
Les lipides sont indispensables à l'équililibre de notre
alimentation. Certes, leur consommation en excès peut provoquer
des problèmes de surpoids et un risque coronarien. Il faut savoir
que l'on distingue deux types de lipides : les acides gras saturés
et les acides gras insaturés (monoinsaturés et polyinsaturés).
Plusieurs études ont démontré l'importance de ces
derniers dans la prévention des risques cardiovasculaires. Ainsi,
les acides gras insaturés feraient baisser le taux de mauvais
cholestérol, au contraire des acides gras saturés. Or
le beurre est essentiellement constitué d'acides gras saturés
(entre 54 et 71 %). La margarine, qui contient une grande quantité
d'acides gras insaturés, semble effectivement avoir des qualités
que n'a pas le beurre… Mais celui-ci mérite-t-il pour autant
sa mauvaise réputation ?
L'organisme des animaux supérieurs et de l'homme ne peuvent
pas synthétiser les acides gras insaturés. Ils doivent
donc les trouver dans leur alimentation et c'est la raison pour laquelle
on les appelle acides gras indispensables ou essentiels.
Les molécules d'acides gras sont constitués par une longue
chaîne d'atomes de carbone possédant deux extrémités.
L'une d'elle est constituée par un groupe méthyl (Ch3-),
l'autre par un groupe carboxyle à fonction acide (-cooh).
La dernière lettre de l'alphabet grec, Omega, est utilisée
comme symbole pour désigner ces acides gras essentiels. Selon
la position de la première double liaison par rapport à
la fonction acide de la molécule d'acide gras, on distingue 2
catégories d'acides gras poly-insaturés : les acides gras
Omega-3, dont la première double liaison cis se trouve en position
3 sur la molécule par raport au carboxyle et les acides gras
Omega-6, où la première double liaison cis est en position
6 par rapport au carboxyle.
Bien que la différence entre ces deux classes d'acides gras
puisse paraître infime, les Omega-3 et les Omega-6 ne sont pas
interchangeables. Bien que nous ayons besoin des deux classes d'acides
gras indispensables, il devient de plus en plus évident que l'excès
d'Omega 6 dans notre régime alimentaire a probablement des conséquences
catastrophiques. Nombre de savants à présent pensent que
c'est une des raisons majeures pour expliquer le développement
des maladies de coeur, de l'hypertension, du diabète, du vieilissement
précoce, et que certaines formes de cancer sont dues au profond
déséquilibre de l'ingestion alimentaire d'Omega-6 et d'Omega-3.
(41-42 ter)
L'évolution de nos ancêtres s'est faite sur une alimentation
dont le rapport omega-6/omega-3 etait de l'ordre de 1/1. Un profond
changement dans les habitudes alimentaires est intervenu au cours des
derniers siècles et en particulier durant les 50 dernières
années dans les pays industriels. Aujourd'hui ce rapport omega-6/omega-3
aux Etats-Unis en particulier est plus près de 6/1 et c'est cela
qui cause problème.
Bonnes et mauvaises graisses
La principales sources d'omega-6 sont les huiles végétales
comme l'huile de soja et l'huile de maïs, qui contiennent beaucoup
d'acide linoléique. Le omega-3 se trouvent surtout dans la graine
de lin, l'huile de noix, le plancton et les poissons gras. Le composant
principal de l'huile de lin et de l'huile de noix est l'acide alpha-linolénique,
tandis que les principaux acides gras des poisson et des huiles de poisson
sont sont l'acide eicosapentaenoïque (EPA) et l'acide docosahexanoïque
(DHA). L'EPA et DHA sont les acides gras essentiels les plus bénéfiques.
L'acide alpha-linolénique peut être converti en EPA et
en DHA dans l'organisme, mais cette conversion n'est pas très
efficace, en particulier chez les personnes âgées.
Les médecins Danois furent mis en alerte dans le début
des années 1970 en constatant que les Esquimaux du Groenland
avaient une incidence exceptionnellement faible de maladies du coeur
et d'artrite, en dépit du fait qu'ils consommaient une alimentation
très riche en graisses. Bientôt, des recherches intensives
decouvrirent que les graisses (huiles), qu'ils ingéraient en
grande quantité, étaient riches en EPA et en DHA. Des
études plus récentes ont montré que ces deux acides
gras jouaient un rôle crucial dans la prévention de l'athérosclose,
les infarctus du myocarde, la dépression et le cancer. Des essais
cliniques de prévention ont montré que l'huile de poisson
était efficace dans le traitement de nombre de troubles, en particulier
l'arthrite rhumatoïde, le diabète, la colite avec ulcères
et la maladie de Raynaud.
L'encéphale humain est un des plus gros utilisateurs de DHA.
La cervelle d'une personne adulte en contient normalement plus de 20
grammes. Des teneurs faibles du cerveau en DHA ont été
rapportés à des teneurs faibles en séritonine ,
dont on sait qu'elles sont liées à à la dépression,
la violence et le suicide. La consommation de grandes quantités
de poisson a été rapportée à une diminution
marquée des pertes de mémoire dues à l'âge
et à la déperdition des facultés cognitives ainsi
qu'au risque de contracter la maladie d'Alzeimer. Une toute récente
étude a montré que les malades atteints de cette maladie
éprouvaient une amélioration significative de leur qualité
de vie grâce à une supplémentation de leur alimentation
avec des gélules contenant de l'huile de poisson.
Plusieurs études ont montré que dans les pays où
l'on consomme beaucoup de poisson il y avait moins de cas de dépression.
Des scientifiques de la Harvard Medical School ont utilisé avec
succès une supplémentation avec de l'huile de poisson
pour traiter les affections maniaco-dépressives, tandis que des
chercheurs anglais pnt rapporté des résultats encourageant
dans le traitement de la schizophrénie.
Une ingestion convenable de DHA et d'EPA est particulièrement
importante durant la grossesse et la lactation. Durant ces pérodes,
la mère doit fournir à l'enfant tous les besoins en DHA
et en EPA, parce que son organisme ne sait pas synthétiser ces
deux acides gras essentiels. Le DHA constitue 15 à 30 % du poids
du cortex cérébral et de 30 à 60 % de celui de
la rétine.
Il y a maintenant la preuve qu'une carence en acides gras omega-3 accroit
les risques de naissance prématurée et un poids à
la naissance anormalement bas. Dans une récente étude
comparative portant sur 13 pays, 3,4 les Etats-Unis se classent en moyenne
à la douzième place (avant-derniers) pour 16 indices de
santé étudiés. Plus précisément,
le classement des Etats-Unis était
- 13° et derniers pour les fausses couches en fin de grossesse
- 13° pour les % de faible poids à la naissance
- 13° pour la mortalité néonatale et pour la mortalité
infantile globale
- 11° pour la mortalité dans les jours qui suivent la naissance
- 13° pour l'espérance de vie (en dehors des causes accidentelles)
- 11° pour l'espérance de vie à l'âge de un
an pour les filles et 12 ° pour les garçons
- 10° pour l'espérance de vie à l'âge de 15
ans pour les adolescentes et 12° pour les adolescents
- 10° pour l'espérance de vie à 40 ans pour les femmes
et 9° pour les hommes
- 7° pour l'espérance de vie à 65 ans pour les femmes
et 7° pour les hommes
- 3° pour l'espérance de vie à 80 ans pour les femmes
et 3° pour les hommes
- 10° pour la mortalité à un âge donné.
La déplétion des réserves en DHA des mères
peut en effet se traduire par des phénomènes de pré-éclampsie
(augmentation importante de la tension sanguine et des dépressions
post-partum. Enfin teneur trop faible de l'alimentation en omega-3 est
associée à l'hyperactivité des enfants. ( )
On trouve les omega-3 dans les poissons gras, l'huile de poisson (huile
de foie de morue), certains végétaux (pourprier), les
oeufs de poules élévées en liberté et les
produits laitiers issus d'animaux nourris à l'herbe et aux fourrages.
Il est urgent de réhabiliter les matières grasses d'origine
laitière et le cholestérol alimentaire.
Le beurre est accusé de tous les maux : trop riche en calories,
trop riche en acides gras saturés ( sous-entendu mauvais). Mais
le beurre est la matière grasse contenue dans le lait et on en
fabrique depuis 5.000 ans. Aujourd'hui encore, et malgré une
contre-publicité qui fait le bonheur et la fortune des margariniers,
pratiquement 80 % des ménages français en consomment chaque
jour.
L'ignorance de nos compatriotes en matière de "richesse"
(en calories) des aliments gras est inimaginable, à l'époque
où chacun sait que les graisses sont les denrées les plus
riches en calories et que nous nous devons d'éviter d'en trop
consommer si nous voulons garder la ligne de nos vingt ans. Lors d'une
récente diffusion du jeu télévisé "
Qui veut gagner des millions ? ", Jean-Pierre Foucault demanda
au candidat quel était l'aliment le plus riche en matières
grasses parmi les quatre denrées suivantes : beurre, crème,
huile et margarine. On en était à 4 ou à 500.000
francs. Silence gêné du candidat. On décide alors
de consulter les assistants à l'émission, qui devaient
représenter un peu l'opinion de nos compatriotes. Plus de 40
% ont placé le beurre en tête et un pourcentage élevé
(de l'ordre de plus de 20 %) ont voté pour la crème. A
croire que le beurre est fabriqué avec autre matière première
que de la crème ! Tout naturellement la margarine se classait
bonne dernière et tout naturellement le candidat à suivi
l'opinion dominante..., en perdant quelques dizaines de milliers de
francs.
Pour mémoire, et pour ceux qui l'auraient oublié, rappelons
les caractéristiques de quelques-uns de ces aliments aux 100
grammes:
Lipides
Beurre 751,8 Kcal 0,7 g 0,5 83 g
Beurre allégé 401 Kcal 7 g 1 g 41 g
Margarine 744,5 Kcal 0,1 g 0,4 g 82,5 g
Margarine allégée 378,3 Kcal 0,7 g 0,5 g 41,5 g
Huile 899,1 Kcal 0 0 99,9 g
Crème 30 % MG 270 Kcal 67 g 3 g 30,1 g
Le beurre est très riche en vitamine A "naturelle".
Après le foie, et en particulier celui de certains poissons,
c'est d'ailleurs l'aliment qui en contient le plus. Elle est indispensable
à la vision et à la croissance des bronches, des intestins
ou encore de la peau. La vitamine A intervient également dans
la croissance osseuse, dans la synthèse de certaines hormones
telle la progestérone et dans les mécanismes immunitaires.
Le beurre est également une source de vitamines liposolubles
"naturelles", vitamine D3 (cholécalciférol fabriqué
aussi au niveau de la peau sous l'influence des rayons ultra-violets
à partir du déhydro-7 cholestérol) et E (alpha-tocophérol).
Mais c'est surtout une source d'acides gras à courte et moyenne
chaine, dont la digestion, l'absorption intestinale et l'utilisation
métaboliques sont extrêmement faciles et une source d'acides
gras indispensables, unique probablement, pour fournir à notre
organime des éléments essentiels au fonctionnement harmonieux
du corps humain : acide alpha- et gamma-linolénique et ses homologues
supérieurs, que l'on désigne sous le nom d'acides linoléniques
conjugués (CLA).
La mauvaise image des graisses dites "saturées" des
produits laitiers pourrait bien changer dans un proche avenir. Près
de 50 % de ces graisses saturées du beurre sont constituées
par des acides gras à courte chaîne
Mettre le beurre en parrallèle avec le suif ou le saindoux dans
la génèse des troubles cardiaques dus à une surconsommation
de graisses saturées (hypothèse très discutable
d'ailleurs) est un contresens. Les acides gras saturés du beurre
à moins de 14 atomes de carbone sont facilement catabolysés
par l'organisme grâce à la beta-oxydation, et ce sont d'extra-ordinaires
fournisseurs d'énergie facile à mettre en oeuvre (pour
lutter contre l'hypothermie par exemple). Grâce à cela,
les matières grasses du beurre participent à la satiété,
c'est-à-dire à la "satisfaction" (c'est-à-dire
à l'arrêt) de la sensation de faim. La faim, c'est la sensation
éprouvée d'un besoin de manger. Elle est déclenchée
par un besoin inconscient de restituer à l'organisme les éléments
énergétiques qui ont été utilisés
par son fonctionnement et qui se traduisent par une tendance à
la baisse de certaines constantes sanguines (taux de glucose et/ou de
triglycérides de faible poids moléculaire (Very Low Density
Lipids, les VLDL). Ce qui se traduit par un "appétit"
pour certains aliments plus que pour d'autres (sucres "rapides",
certaines matières grasses comme le beurre ou la noix de coco).
La pratique de mettre sur la table à la disposition des convives
de petits beurriers individuels doit procéder de cette constatation.
Et les invités ne se font en général pas prier,
au moins ceux qu'un reflexe conditionné ne retient pas...
Des études récentes ont montré que les acides
gras à chaîne moyenne sont oxydés plus rapidement
que les acides gras à chaîne longue et conduisent à
une augmentation de la dépense énergétique, chez
l'homme comme chez l'animal. (44) La plupart des études menées
chez l'animal ont également montré que la consommation
de triglycérides à chaîne moyenne au lieu des triglycérides
à chaîne longue permet une diminution du poids et une réduction
de la taille des dépôts lipidiques au bout de quelques
mois. Des essais menés chez l'animal et chez l'homme suggèrent
un effet satiétogène plus important des triglycérides
à chaîne moyenne (St Onge et Al).
Le beurre contient aussi environ 10 % d'acide laurique (C14:0, 50 %
dans la noix de coco). Cet acide gras que notre organisme ne sait pas
fabriquer est à l'origine de la monolaurine dans le corps de
l'homme et des animaux. La monolaurine est un monoglycéride qui
a des propriétés antivirales, antibactériennes
et antiprotozoaires que les organismes humain et animaux utilisent pour
détruire les virus dont la partie infectieuse est "enrobée"
dans une couche de lipides, comme ceux de l'herpès, de l'influenza,
le HIV, et cytomégalovirus, certaines bactéries pathogènes
(en particulier listeria monocytogenes) et certains protozoaires comme
Giadia lamblia.
Le beurre contient aussi 3 à 4 % d'acide caprique (C12:0) qui
peut donner de la monocaprine dans notre organisme, acide qui a des
propriété virulicides contre le HIV, l'herpès simplex,
les Chlamydia et autres bactéries sexuellement transmissibles
( Reuters, London, juin 1999, cité par Maria Enig dans The Health
Benefits of Coconuts and Coconut Oil, http://www.nexusmagazine.com/coconuts.html
). (45)
Le beurre a une teneur à peu près stable en acide butyrique,
quelle que soit l'alimentation. C'est encore là une caractéristique
intéressante, l'acide butyrique ayant un effet favorable sur
la santé humaine.
Enfin de nombreux travaux ont mis en évidence les propriétés
d'un "nouveau" type de lipides : les acides gras conjugués
(Conjugated Linoleic Acid ou CLA). Ceux-ci auraient en effet une action
anticancéreuse et antioxydante. Ils seraient également
bénéfiques dans les problèmes cardiaques ou l'obésité.
Or le beurre est l'un des aliments les plus riches en CLA. Car ces acides
gras sont produits dans les réservoirs gastriques des ruminants
à partir des acides gras poly-insaturés de l'alimentation
(acide linolénique C18:3 et ses homologues supérieurs
EPA et DHA), puis passent dans le sang, et finalement dans le lait.
On lira avec intérêt l'article de synthèse de J.
M. Bourre sur quelques-unes de ces interrogations sur les lipides, les
accidents cardiovasculaires, le cholestérol, le régime
méditerranéen, etc... (45 bis)
Mais..., il y a un mais!
Depuis une quinzaine d'années, de nombreux articles sont apparus
dans la presse médicale sur les acides gras Omega-6 et Omega-3.
Dans le magazine de l'American Society for Clinical Nutrition, le Docteur
Artemis P. Simopoulos écrit que "l'alimentation dans les
pays de l'Ouest est carencée en acides gras Omega-3, par rapport
à l'alimentation de nos ancêtres durant de l'évolution
de l'espèce au cours de laquelle leurs caractères génétiques
se sont établis." (43)
Dans ce même article, il déclare que nous savons que les
acides Omega-3 sont des acides gras essentiels pour une croissance normale
et qu'ils peuvent jouer un rôle très important dans la
prévention et le traitement:
- de la maladie des artères coronaires
- de l'hypertension
- des arthrites
- du cancer
- des maladies autoimmunes et inflammatoires
Pour résumer, le Docteur Simopoulos ecrit " les acides
gras Omega-3 et Omega-6 ne sont pas interchangeables dans notre corps
et ce sont des composants des membranes de pratiquement toutes nos cellules."
Alors que les protéines cellulaires dépendent des gènes,
la composition en acides gras poly-insaturés (PUFA) de ces membranes
est étroitement dépendante de notre ingestion alimentaire.
Par conséquent, on doit tenir compte des quantités convenables
d'acides gras omega-6 et omega-3 quand on établit des recommandations
alimentaires, et "les deux catégories d'acides gras doivent
être distinguées, car elles sont différentes du
point de vue métabolique et fonctionnel et ont des fonctions
physiologiques opposées. Leur équilibre conditionne l'homéostasie
et un développement normal."
L'origine des PUFA est très importante. Le Docteur Simopoulos
fait remarquer que " les Omega-6 sont représentés
par l'acide linoléique (LA), tandis que les Oméga-3 poviennent
de l'acide linolénique (LNA). L'acide linoléique est abondant
naturellement dans les graines de nombreuses plantes sauf dans les noix
de coco, le cacao et les graines du palmier. De l'autre côté,
l'acide linolénique se trouve surtout dans les chloroplastes
des feuilles vertes des légumes."
L'alimentation de l'homme a subi un changement capital au cours du
siècle dernier. " Sur la base des estimations de l'alimentation
de l'homme du paléolithique et celle rencontrée aujourd'hui
chez les populations qui en sont encore au stade de la chasse et de
la cueillette, l'évolution s'est faite sur des régimes
beaucoup moins chargés en graisses saturées qu'à
l'heure actuelle. Et en plus, l'alimentation de l'époque contenait
en gros des apports équivalents en acides gras essentiels Omega-6
et Omega-3".
Durant les 100 dernières années, on a enregistré
un changement accéléré et sans précédent
de l'alimentation des hommes. L'industrie des corps gras végétaux
s'est développée avec l'extraction de l'huile provenant
de graines oléagineuses riches en acides gras Omega-6. L'agriculture
actuelle a augmenté sa production en utilisant les aliments à
base de céréales pour l'alimentation du bétail.
Or les céréales sont riches en Omega-6 (maïs par
exemple). Par conséquent, les techniques "agressives"
de l'agriculture industrialisée ont diminué la teneur
en acides gras Omega-3 de nombreuses denrées : "légumes
verts, viande des animaux domestiques, lait, oeufs et même poisson."
Ce déséquilibre peut être mis en évidence
en comparant les produits de l'agriculture moderne avec les plantes
et les animaux sauvages. On estime que l'évolution de l'homme
s'est faite sur un rapport Omega/Omega-3 de 1/1 en provenance à
la fois de source animale et de source végétale.
A l'heure actuelle, les aliments végétaux ont un rapport
10/1. La viande, le poisson d'élevage, le poulet et les huiles
présentent un rapport de 20 à 25/1.
Durant les 20 ou 30 dernières années, la tendance dans
l'élevage laitier a été de maintenir les vaches
laitières en stabulation permanente près de l'endroit
où s'effectue la traite. Les vaches y sont nourries avec des
végétaux que l'on a cultivés et récoltés
mécaniquement (prairies articielle avec graminée unique
ou luzerne), ou avec des ensilages fabriqués à partir
de ces cultures, le tout complémenté par des concentrés
riches en céréales, supplémentés pafois
avec des matières grasses. Ces élevages laitiers "industriels"
peuvent abriter plusieurs centaines d'animaux sélectionnés
pour des productions élevées de l'ordre de 8.000 à
10.000 kilos de lait par an ( race Prim'Holstein par exemple). La composition
en acides gras du lait issus de ces exploitations n'a absolument rien
à voir avec celle des laits des vaches pâturant l'herbe
des prairies naturelles renfermant de nombreuses espèces végétales,
en particulier à l'automne et au printemps.
Des articles récents de Y. Chilliard et al (INRA de Theix, 2001),
ont attiré l'attention sur les effets de l'alimentation sur la
composition en acides gras du lait des ruminants. (46-48) Les acides
gras du lait ont une double origine : 60 % d'entre eux sont prélevé
dans le plasma de l'animal et 40 % sont fabriqués de novo dans
les cellules de la glande mammaire par condensation de l'acide acétique
et de l'acide butyrique provenant de la fermentation des végétaux
dans le rumen. Ces acides gras synthétisés par la mammelle
sont les acides gras à courte et moyenne chaîne et saturés
(C4:0 à C16:0). Lorsque la disponibilité en acides gras
à 18 atomes de carbone augmente, soit à la suite d'une
supplémentation de l'alimentation ou suite à la mobilisation
des réserves corporelles de l'animal en début de gestation,
on assiste à une diminution de la production en acides gras à
chaîne moyenne (C10:0 à C16:0) réputés athérogènes
chez l'homme (?). Lorsque l'alimentation contient un pourcentage élevé
de céréales riches en amidon et en graisses, il se produit
une diminution de la synthèse des acides gras à moyenne
chaîne, freinée par une prod |